Bruxelles comme dans l’ancien temps

Vêtus de coiffes médiévales, esquissant des pas de danse ou chevauchant des montures richement parées, près de 1.400 bénévoles costumés participeront vendredi à la procession de l’ »Ommegang » à Bruxelles, qui commémore la venue de Charles Quint dans la « capitale de son empire » il y a cinq siècles. La fête folklorique doublée d’un spectacle, que la Belgique désire voir reconnue par l’Unesco, se déroule chaque année dans le centre historique de Bruxelles, pendant deux soirées début juillet. Cette année -mardi et vendredi cette semaine- elle a pour invité d’honneur l’animateur français Stéphane Bern, qui endossera vendredi soir le rôle du « héraut » contant l’épopée de Charles Quint au public rassemblé sur la somptueuse Grand-Place de la capitale belge. Souverain du Saint-Empire romain germanique, Charles de Habsbourg, dit Charles Quint, qui régnait sur l’Europe des Pays-Bas jusqu’en Espagne, mais aussi sur les possessions espagnoles en Amérique latine, « avait fait de Bruxelles la capitale de son empire sur lequel le soleil ne se couche jamais », explique à l’AFP le président de l’événement, Paul Le Grand. Quand l’Empereur est entré dans la ville pour présenter son fils aîné Philippe (le futur Philippe II d’Espagne), en juin 1549, « les Bruxellois veulent lui montrer ce qu’il y a de plus beau, et ce qu’il y a de plus beau c’était un +Ommegang+ », à savoir un cortège joyeux et très coloré inspiré des processions religieuses. Pour le recréer, l’Ommegang version 2017 présente près de 1.400 participants habillés de quelque 2.000 costumes médiévaux reconstitués, des chevaux richement parés, des acrobates montés sur des échasses se livrant à des joutes épiques, des manieurs de drapeaux, des géants, des feux d’artifice… Ils envahissent la Grand-Place la nuit tombée, sous la façade néogothique de la Maison du Roi, au milieu des applaudissements d’une foule ravie, dont de nombreux touristes. Des machines fumigènes, rares anachronismes sur les pavés chargés d’histoire, déversent leurs vapeurs nacrées et confèrent une aura fantasmagorique aux scènes moyen-âgeuses qu’un bouffon du roi commente avec truculence. Au carrosse royal succèdent des dragons bigarrés et des géants, d’imposantes poupées traditionnelles portées par des hommes. Une barque transportant la statue de la Vierge rappelle l’origine religieuse de la procession. L’Ommegang (un mot de vieux flamand qui désigne les processions rituelles) a été ressuscité en 1930 « pour le centième anniversaire de l’indépendance de la Belgique ». « Et c’est encore cet Ommegang là que vous pouvez voir dans les rues de Bruxelles à l’heure actuelle », explique M. Le Grand. La Région bruxelloise a déposé en mars la candidature de l’Ommegang pour son inscription au patrimoine culturel immatériel de l’humanité par l’Unesco.

Comme un oiseaux

Faire voler un avion quand on n’a pas suivi de formation ? L’un n’interdit pas l’autre, et c’est même ce que j’ai réalisé la semaine dernière. Ce n’était bien sûr pas d’un A330 mais un appareil plus réduit : un Piper. Mais c’est déjà pas mal pour un galop d’essai, non ? Cette expérience s’est passée du côté de Cannes sous un ciel parfaitement bleu. Avant de me jeter à l’eau, je me suis longtemps demandé si cela n’était pas hors de portée. Mais à force de lire les internautes signalant à quel point c’était facile, j’ai fini par changer d’avis. Et en réalité, piloter un petit appareil est à la portée du premier crétin venu. Les phases les plus effrayantes sont bien entendu  le décollage et l’atterrissage. Mais entre les deux, c’est un pur moment de bien-être suprême. Et même le décollage n’est pas aussi terrifiant qu’on peut le croire, en réalité. Quand on le compare au décollage d’un gros appareil, on peut même dire que ça se fait dans le calme. Et à 300 mètres de hauteur, le panorama est bien plus magnifique. La vue panoramique n’a pas grand-chose à voir avec l’image ternee qu’on discerne depuis la lucarne d’un Boeing. Pour ma part, le meilleur moment réside dans le pilotage en lui-même. Le maniement des commandes est véritablement grisant. On ressent le vent qui font osciller l’avion, à tel point qu’on a la sensation de repousser le vent chaque fois qu’on pivote, même légèrement. Bref, c’est intense à vivre. Assez épuisant, aussi. Lorsqu’on est un débutant, il faut dire qu’on ne sait pas vraiment où doit aller le regard : sur les nombreux cadrans ou sur ce qu’il y a au-delà de la verrière ? Dilemme. Et il faut quand même garder les mains pressées sur le joystick (ce dernier est certes manœuvrable mais il qui réclame aussi un peu de force). En tout cas,, voilà une expérience inoubliable que je vous recommande de vivre au moins une fois dans votre vie. voilà la page qui m’a servi pour ce vol à Cannes. Pour plus d’informations, allez sur le site de cette expérience de vol en avion à Courtrai et retrouvez toutes les informations.

Le sens de la bioéthique

Le 22 février 1997, le monde s’affole pour une brebis. Oh, bien sûr, la moutonne n’est pas banale. Elle n’a pas poussé son premier bêlement dans une étable ou sur de verts pâturages, mais dans le laboratoire de Ian Wilmut et Keith Campbell, chercheurs de PPL Therapeutics, une entreprise bio-pharmaceutique écossaise spécialisée dans l’élaboration de protéines humaines. Qu’importe sa nature eucaryote, la brebis n’est pas issue de la rencontre entre un ovule et un spermatozoïde: elle a trois mères (une pour l’ADN, l’autre pour l’ovule dénoyauté et la troisième pour la gestation), pas de père et elle aura exigé, pour venir au monde, la conception de plusieurs centaines de blastocytes et d’une trentaine d’embryons dont elle est l’unique survivante. Et parce qu’elle a été engendrée à partir de cellules de glandes mammaires, elle s’appelle Dolly, en hommage à Dolly Parton, la plantureuse superstar de la country. Il s’agit du premier mammifère cloné de l’histoire. Tout de suite, la question pousse sur toutes les lèvres et tous les gros titres: si on a réussi l’exploit avec une brebis, quand peut-on prévoir son application à l’humain? Après le premier «bébé éprouvette» né en 1978, notre syndrome de Prométhée (ou de Frankenstein) semble ici passer un nouveau palier, voire changer de paradigme. L’humanité n’en est plus à «copier» la nature, dans ce qu’elle aurait de plus fondamental –la reproduction–, mais elle la met cul par-dessus tête et chamboule «l’ordre du vivant» à la centrifugeuse. De main d’homme, il est possible de créer des processus et des organismes biologiques inconnus de la biologie. Des espèces à la reproduction sexuée –avec le brassage génétique qui la caractérise– sont désormais multipliables à l’identique, comme le font les bactéries ou certains végétaux. En histoire, il est commun de ne pas river les démarrages de siècles sur une stricte mathématique calendaire. Le XXe siècle serait ainsi né à Verdun, au cœur de la boucherie des tranchées, le XXIe à New York, dans le sillage d’un avion qui s’écrase sur des tours jumelles. En sciences, c’est à peu près pareil, sauf qu’on aime bien (c’est compréhensible) se la jouer précurseur. Dans ce domaine, l’œil du millénaire s’ouvrira à l’annonce de l’existence de Dolly, sept mois après sa naissance, le 5 juillet 1996. Une nouvelle ère s’accompagnant d’un nouvel outil conceptuel, dont l’importance grandit dès les années 60: la bioéthique, visant à s’assurer qu’un tel cortège de promesses et de révolutions –on parlerait sans doute aujourd’hui de «disruptions»– reste dans les clous et n’arrache pas toutes les pages du «grand livre de la nature» pour les jeter en l’air avant d’en faire un feu de joie. Fin 1997, l’UNESCO proclame la Déclaration universelle sur le génome humain et les droits de l’homme, adoptée l’année suivante par l’Assemblée générale des Nations Unies. Quatre ans plus tôt, la France devenait l’un des premiers pays au monde à se doter d’un arsenal législatif, régissant notamment «l’utilisation des éléments et produits du corps humain», pour introduire officiellement le terme de «bioéthique» lors de sa première révision, en 2004. Aujourd’hui, après une seconde révision en 2011, puis un amendement en 2013, ces lois intégrées dans le Code de la santé publique interdisent (entre autres) le clonage, qu’il soit reproductif ou thérapeutique, entravent la recherche sur l’embryon et les cellules souches embryonnaires, et empêchent les personnes seules et les couples non-hétérosexuels d’avoir recours à la procréation médicalement assistée. Soit, dans ce domaine, l’une des législations les plus restrictives du monde occidental. Contrairement à l’éthique médicale classique, qui contrôle la pratique des médecins et des chercheurs en fonction de réalités tangibles –les expérimentations nazies en étant le parangon– le but avoué de la bioéthique consiste à capturer un avenir par définition incertain en postulant des principes immuables, capables d’encadrer la marche du progrès scientifique et de réguler toute innovation biotechnologique impliquant l’humain. Une sorte de parapluie législatif prêt à se déployer sur n’importe quelle avancée, n’importe quelle découverte, même et surtout si elle n’existe toujours pas, comme le clonage reproductif. Si les sciences biologiques ne cessent de rogner les différences qui ont pu, à tort, nous distinguer du reste du règne animal, difficile de nier que notre espèce semble se caractériser par une proportion significative d’individus congénitalement incapables de se satisfaire de leur sort. Il est vrai qu’énormément d’animaux cherchent à rendre leur environnement plus commode, plus favorable à leur existence. Que c’est là l’un des enseignements majeurs de la théorie de l’évolution: toute vie se tisse dans les jeux de conflits et de coopérations entre un milieu et les organismes qui le peuplent et le constituent. Que la frontière entre nature et culture n’aura jamais été aussi molle et mouvante, jusqu’à n’avoir aujourd’hui quasiment plus aucun sens autre que méthodologique. Reste que sans forcément invoquer une potentielle unicité de l’humain, notion fondamentalement temporaire, il semble y avoir quelque chose d’un peu plus fort chez Homo sapiens dans cette volonté de modeler le monde et de se façonner lui-même à l’image de ses désirs et de ses intérêts.

La révolution du Hamas

Le Hamas, parti islamiste palestinien, a annoncé lundi, pour la première fois de son histoire, avoir accepté l’idée d’un État palestinien limité aux frontières de 1967. Une manœuvre destinée à revenir dans le jeu politique, dénoncent des experts. Historique. Le Hamas islamiste palestinien a annoncé lundi soir, pour la première fois de sa création, avoir modifié son programme politique, disant accepter un État palestinien limité aux frontières de 1967 et insistant sur le caractère politique et non religieux du conflit avec Israël. Le Hamas est considéré comme “terroriste” par les États-unis, l’Union européenne et Israël et nombre de ses dirigeants sont visés par des sanctions. En amendant pour la première fois en près de 30 ans ses textes fondateurs, dénoncés par beaucoup - Israël en tête - comme “antisémites”, il tente de revenir dans le jeu des négociations internationales, estiment les experts. Cette annonce intervient à 48 heures de la première rencontre entre le président américain Donald Trump et son homologue palestinien Mahmoud Abbas, à couteaux tirés avec le Hamas. Dans le document, le Hamas estime qu’”un État palestinien entièrement souverain et indépendant dans les frontières du 4 juin 1967, avec Jérusalem pour capitale, (…) est une formule de consensus national”. En outre, le document, qui s’ajoute à la charte originelle de 1988, affirme que le Hamas est “en conflit avec le projet sioniste et non avec les juifs en raison de leur religion”. En inscrivant qu’il accepte un État limité à la Cisjordanie, la bande de Gaza et Jérusalem-Est, le Hamas endosse les frontières déjà reconnues par l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), dont il ne fait pas partie. Pour Leïla Seurat, chercheur associée au Centre de recherches internationales (Ceri), la reconnaissance des frontières de 1967 n’implique “pas une reconnaissance d’Israël”. “La seule nouveauté, c’est qu’il l’inscrit pour la première fois dans un document propre au mouvement” qui vaut également pour sa branche armée, souligne-t-elle. Militaires et politiques sont régulièrement présentés comme concurrents au sein du Hamas. Le mouvement prend par ailleurs ses distances avec les Frères musulmans égyptiens. “Idéologiquement, nous faisons partie de l’école frériste (…) mais nous ne suivons aucun mouvement en termes d’organisation”, a précisé Khaled Mechaal, un gage donné au voisin égyptien, selon les observateurs. Avec l’annonce de ces changements, le mouvement entend s’ouvrir au dialogue avec les autres forces palestiniennes mais surtout avec les capitales étrangères qui, jusqu’ici, refusent tout dialogue officiel avec le Hamas, qui contrôle depuis 10 ans la bande de Gaza. Israël a toutefois déjà répliqué qu’il n’était pas convaincu. Le Cogat, l’organe du ministère israélien de la Défense en charge des Territoires occupés, a estimé que le Hamas “se moque du monde en essayant de se présenter avec ce soi-disant document comme une organisation éclairée”.

Prendre le manche

A Roissy, hier.Après un briefing où l’on m’a présenté les paramètres à prendre en compte pour réussir mon vol, je pénètre dans la cabine du Boeing 737 et m’assieds sur le siège avant gauche (celui du commandant), alors que ma grande soeur se place sur le siège de droite à l’arrière. Mon moniteur prend place à côté de moi(le siège du co-pilote). Je mets ma ceinture et mets mon casque. Je procède à l’incontournable checklist. Une poignée de minutes plus tard, je demande finalement à la tour de contrôle la permission de décoller. Il est temps d’abandonner le sol. Je pousse progressivement la manette des gaz. L’avion prend de la vitesse et je sens le cockpit vibrer. L’appareil quitte finalement le tarmac et me voilà plaqué contre mon siège. Je file à deux mille pieds avant de procéder à un virage et de voir s’éloigner la piste. C’est parti pour un vol plus qu’insolite. Je ne suis pas un pilote. Et je ne suis pas sur véritable appareil. Mais de ma place, il m’est presque impossible de distinguer la réalité du virtuel. Je suis dans un simulateur. Si vous avez déjà joué à FlightGear, il n’y a aucun rapport. On est loin de Flight Simulator X. Il s’agit ici d’un simulateur à usage professionnel , servant aux compagnies pour l’instruction de leurs futurs pilotes. Ces simulateurs ont été homologués par la DGAC. L’habitacle est la réplique fidèle d’un Boeing 737. La cabine fermée est dressée sur des vérins électriques, qui recrée tout ce qu’on peut ressentir en vol : accélérations, les secousses, virages, bruit de moteurs. Le simulateur clone le réel à plus de 98% ! L’appareil simule également magnifiquement la météorologie : jour / nuit, ciel couvert, lumière du crépuscule… L’expérience est à la carte, et l’on peut non seulement choisir le point d’envol parmi plus de des milliers), les situations de vol (temps, panne…). J’ai privilégié un vol tranquille de Genève à Lyon, de jour . Une expérience incroyable ! L’immersion était si complète que j’ai éprouvé le décalage horaire à la fin de l’expérience. J’avais regagné le tarmac à la fin dujour et on était en fin de matinée dans le monde réel ! Retrouvez plus de renseignements sur l’organisateur de pilotage en simulateur.

Des nanoparticules contre l’infarctus

Des savants russes ont produit des nanoparticules qui seront capables d’évaluer le degré de gravité d’un infarctus et de transporter des médicaments directement dans l’organe affecté. Cette découverte révolutionnaire pourrait réduire la mortalité causée par les maladies cardio-vasculaires. Des scientifiques russes ont créé à partir de la silice des nanoparticules capables de s’accumuler dans les endroits lésés de la substance cardiaque, ce qui permettrait de mieux évaluer le degré de la gravité de l’infarctus et de transporter des médicaments directement dans l’organe affecté. D’après les chercheurs, dès que cette nanoparticule atteint un endroit affecté souffrant du manque d’oxygène elle « reste embouteillée » dans la substance cardiaque puis se libère doucement et libère des molécules du médicament et du colorant sans cependant toucher les régions intactes du cœur. Des tests réalisés par des savants sur des rats ont permis de constater que les nanoparticules avaient pu colorer la tumeur et transporter le médicament sans provoquer des effets secondaires comme une baisse subite de tension ou des troubles du rythme cardiaque qui surviennent habituellement suite à l’injection de l’adénosine dans le sang. Cependant, selon les spécialistes russes, des études avancées doivent être menées dans les domaines de la bio division, de la vénénosité ainsi que de l’efficacité de la cardioprotection afin de pouvoir affirmer que ces nanoparticules pourront être utilisées dans la pratique médicale. Les résultats de l’expérience publiés dans les revues Biomedical Optics Express et Drug Delivery donnent le feu vert à d’autres essais cliniques dans les laboratoires ce qui permettrait à l’avenir d’utiliser des spécimens similaires afin de détecter et soigner les infarctus. Les maladies cardio-vasculaires constituent le fléau du XXIe siècle et constituent la cause essentielle de la mortalité des gens dans la plupart des pays développés. Au cours de ces dernières années, des spécialistes en biologie, en chimie et en physique ont travaillé pour créer un système de diagnostic précoce de l’infarctus qui permettrait, ensuite, d’évaluer les problèmes cardiaques et de conjurer la menace.

Une rando en motoneige

Ma femme et moi nous opposons sur presque tous les points. Le casse-tête que représente le choix des vacances est particulièrement significatif, à cet égard. Elle est fan de soleil, et aime pouvoir se détendre pendant que les enfants barbotent. Pour ma part, c’est simple : c’est le contraire. C’est l’hiver que j’attends toujours en croisant les doigts pour qu’il y ait de la neige. Et, cette année, j’ai décidé de bien remplir mon agenda en faisant toutes les expériences de glisse qui existent. Il y a peu, j’ai ainsi opéré une très jolie randonnée en motoneige à Avoriaz. Je n’avais encore jamais essayé. Je trouvais d’ailleurs un peu étrange l’idée de briser le silence des étendues neigeuses avec le vacarme d’un moteur (qui plus est, particulièrement bruyant). Du coup, même quand mes amis m’ont tanné pour que je les suive dans cette aventure, j’ai cru jusqu’au bout que ça allait être fastidieux. Mais je dois admettre que j’ai bien apprécié, au final. La motoneige offre de bonnes sensations. Cette escapade bien sympathique m’a néanmoins remis en tête une envie tenace. Au milieu des étendues neigeuses, je me suis demandé pourquoi nous ne déménageons pas dans les Alpes : je nous ai imaginés vivre dans un petit chalet isolé. Bien entendu, la chose est inenvisageable : ma chère et tendre préfèrerait être femme tronc plutôt que de s’éloigner de la ville. Elle ne jure que par la ville, et se morfondrait si elle ne pouvait plus faire ses chères boutiques. C’est incompréhensible, quand on y pense, que nous réussissions à vivre en couple. Moi qui ai vécu à la ferme, et elle qui a une sainte horreur des bestioles. Et le pire, c’est que ça se passe très bien ! Quoi qu’il en soit, si vous n’avez jamais essayé la motoneige, vous passez à côté de quelque chose. Si vous êtes en manque d’adrénaline, voilà le site où j’ai dégoté cette randonnée en motoneige. Le parcours proposé était tout simplement magique (suivez le lien pour l’organisateur) : de temps en temps, on avait carrément la sensation d’être loin de toute civilisation. C’est pourquoi j’ai beaucoup aimé… et c’est pourquoi ma femme n’a rien tant aimé que prendre le chemin du retour !

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Il fait plus chaud en ville

En ville, les températures de l’air, des surfaces et du sol sont presque toujours plus importantes que dans les zones rurales. Ce phénomène est connu sous le nom d’”îlot de chaleur urbain” -un terme qui a fait son apparition au milieu du XXe siècle. Jusque dans les années 1980, ce phénomène était considéré comme marginal: la plupart des études sur le sujet ayant été menées dans des villes aux hivers rigoureux, les températures plus clémentes étaient perçues comme bénéfiques; elles permettaient de moins recourir au chauffage. Au fil du temps cependant, les effets de ce phénomène furent pris davantage au sérieux. On s’est ainsi rendu compte que l’îlot de chaleur urbain influençait les relevés de températures de l’air, qui permettent d’évaluer les changements climatiques. Il devint alors essentiel de soustraire cette “contamination” des relevés effectués en ville pour assurer leur exactitude. À mesure que les populations urbaines des villes situées dans des zones chaudes augmentent, la recherche de moyens pour faire baisser les températures dans les bâtiments -principalement grâce à la climatisation- s’intensifie de même. Ceci s’applique également aux climats plus tempérés où les usages évoluent, à l’image du recours massif aux ordinateurs, par exemple. Dans ces situations, le phénomène d’îlot de chaleur urbain ajoute encore à la chaleur, car refroidir les bâtiments contribue de manière assez ironique à augmenter la température extérieure. Les vagues de chaleur peuvent se révéler meurtrières: pendant la canicule qui frappa l’Europe en 2003, on dénombra quelque 70.000 décès liés à cet événement; ce fut l’une des catastrophes naturelles les plus mortelles des 100 dernières années. Le phénomène d’îlot de chaleur urbain rend en effet les citadins plus vulnérables aux pics de températures. Les répercussions sanitaires de ce phénomène représentent un problème de tout premier plan, tout particulièrement à l’heure du réchauffement climatique. Pour toutes ces raisons, il est devenu essentiel de comprendre ce phénomène, pour mieux l’atténuer et en gérer les effets. Ce phénomène est plus intense lors des périodes sèches, quand la météo est calme et que les ciels sont clairs. Ces conditions accentuent les différences entre zones urbaines et rurales. Les villes se distinguent formellement par leur superficie, les matériaux de construction utilisés, la géométrie des bâtiments et des rues. Tous ces facteurs ont un effet sur les échanges d’énergie naturelle au niveau du sol. Le paysage urbain est, la plupart du temps, pavé et sans végétation. Ce qui signifie qu’il y a peu d’eau disponible pour l’évaporation; l’énergie naturelle est ainsi majoritairement utilisée pour chauffer les surfaces. Les matériaux de construction sont denses, et nombre d’entre eux -tout particulièrement les surfaces aux couleurs sombres comme l’asphalte- absorbent et conservent très bien la chaleur du soleil.

Un dinosaure de la vidéo

Quand j’étais petit, il n’y avait certes pas encore internet, mais il y avait cependant une chose qui compensait largement : les consoles de jeu. J’ai commencé avec une Mega drive, et passé un temps monstrueux à taper sur des loubards à crête dans Streets of rage. Le jeu vidéo m’a d’une certaine manière aidé à grandir : je me suis fait offrir chaque nouvelle console par mes parents. Puis, le temps passant, j’ai délaissé progressivement ma manette : je suis entré dans le monde du travail, j’ai eu des mioches. Bref, la vie a fait son oeuvre. Néanmoins, il y a quelques temps, l’on m’a offert l’occasion de redécouvrir cet univers. Je me suis en effet rendu à Lyon pour assister à un incentive dans lequel j’ai eu droit à une activité très curieuse : une épreuve de jeux vidéo. Mes collègues et moi devions nous affronter par écrans interposés, parfois en équipes, parfois en solo. Eh bien, de toutes les animations proposées durant ce séjour, c’est vraiment la soirée qui m’a le plus comblé ! D’entrée de jeu, j’ai été sidéré par l’évolution technique, depuis que j’ai rangé mes manettes. On est vraiment passé à une autre ère ! Maintenant, on a quasiment l’impression d’être dans un film, tellement le décor est réaliste. C’est franchement prodigieux. A certains moments, je n’étais même plus capable de dire avec certitude si j’avais affaire à des scènes filmées ou à des images de synthèses ! C’est dire ! Au début, j’ai aussi été interloqué par l’intensité des jeux produits. Avant, le rythme des jeux était plutôt lent. A présent, on en prend plein les mirettes à chaque instant. En plus, les jeux nous permettent de nous confronter à d’autres joueurs : on n’est donc plus seulement opposés à des IA aux fraises. Et cela rend l’ensemble nettement plus nerveux ! En tout cas, je peux vous assurer que j’ai pris un plaisir monstre tout au long de la soirée. D’ailleurs, depuis ce tournoi, je rêve en secret de m’acheter une nouvelle Playstation ! Ne reste plus qu’à convaincre ma chère et tendre… Soit dit en passant, je vous mets en lien l’agence qui a mis en place ce voyage incentive à Lyon, si vous voulez en savoir plus.

Les inégalités de l’économie collaborative

La « communauté » de l’économie collaborative numérique n’a aucun pouvoir sur l’entreprise. C’est une communauté virtuelle d’usagers, sans véritables liens entre eux et surtout sans liens de pouvoir ou juridiques sur l’entreprise. Faire partie de la communauté des « hôtes » Airbnb, c’est comme être client de Leroy Merlin avec une carte de fidélité, rien de plus. En revanche, l’économie sociale et solidaire rassemble des personnes en communauté, qui souscrivent des parts sociales et qui leur donnent des droits, notamment celui de participer à la gouvernance de la structure. La communauté se traduit juridiquement en une capacité d’influence sur la structure. Il faut se rappeler que la finalité d’Airbnb, ça n’est pas de mettre en relation un jeune Parisien et un jeune New-Yorkais. Sa finalité, c’est de gagner du fric. Ce n’est pas un jugement moral, mais le principe de la communauté n’est pas le même. Dans l’économie collaborative, on retrouve aussi une logique de « bottom up », c’est-à-dire partir des personnes pour créer quelque chose, non ? Oui, il y a des liens entre économie collaborative et sociale et solidaire, c’est pour ça qu’il peut y avoir de la confusion. Le principe de la coopérative, ce sont des agriculteurs qui se mettent ensemble, qui s’associent pour mieux écouler leurs produits et mieux acheter à plusieurs. Ce sont encore des entrepreneurs salariés qui créent l’outil dont ils ont besoin, une coopérative. Le mouvement part de l’usager, du salarié. Dans l’économie collaborative, ce sont des créations d’entreprises, par des personnes qui ont compris ce qu’apportait l’outil numérique. Ce sont eux qui créent des plateformes, puis qui cherchent des clients. Ces derniers ne se sont pas regroupés d’eux-mêmes. Ces entreprises de l’économie collaborative rendent un service, mais investissent très peu. Airbnb ne met pas un euro pour investir dans un appartement, ou Uber dans une voiture. S’il y a création de valeur, elle est limitée. Avant l’économie collaborative, l’entreprise vendait directement à ses clients. Désormais, elle est au milieu de ses clients, elle organise le contact entre eux et fait rémunérer sa mise en contact par une commission. C’est une révolution économique extrêmement importante. Toute une série de métiers, notamment dans le tourisme, mais bien d’autres, sont et seront complètement révolutionnés. Nous n’en sommes qu’au début. Après la collaboration sur les voitures ou les appartements, on en vient au repas du soir ou à la place de parking. D’ailleurs, les entreprises réagissent en essayant d’adjoindre à leur métier d’origine, des services de l’économie collaborative. La SNCF avec le covoiturage par exemple. Il faut que l’économie sociale et solidaire vienne aussi sur ces services. Finalement, quelles sont les différences entre économie collaborative et économie sociale et solidaire ? L’économie collaborative est une économie horizontale qui permet, grâce à Internet, de mettre en relation directe des demandeurs ou des offreurs de services et de biens. Elle limite l’intermédiation à une plateforme numérique et permet de démultiplier les usages de façon exponentielle à partir d’un patrimoine constant. Sans Internet, pas d’économie collaborative. Cette définition ne dit rien sur ses buts et sur les formes juridiques, patrimoniales et de gouvernance qu’elle peut prendre. Le terme économie collaborative n’est pas synonyme d’économie coopérative ou économie sociale. L’économie collaborative peut avoir pour but le profit et générer des entreprises capitalistes classiques. C’est le cas des plus populaires et des plus grandes aujourd’hui, Airbnb, Uber, Blablacar. Avec de gigantesques valorisations, 25 milliards de dollars pour Airbnb. L’économie sociale et solidaire est différente par ses statuts et sa gouvernance. Dans une entreprise coopérative, le capital est entre les mains de sociétaires, les résultats sont mis en réserve et la gouvernance repose sur des principes démocratiques, une personne, une voix. On peut donc avoir de l’économie collaborative capitaliste et de l’économie collaborative coopérative, ou d’économie sociale et solidaire. C’est encore hélas insuffisamment le cas, car les start-up collaboratives sont essentiellement d’inspiration lucrative. Je dénonce une certaine confusion de langage subtilement entretenue. Les gens utilisent de manière synonyme, économie collaborative, économie du partage et économie sociale et solidaire. C’est une erreur : ce ne sont pas les mêmes finalités. La finalité de Blablacar, c’est de gagner de l’argent, le plus vite possible, pour répondre aux attentes des investisseurs. Le but de l’économie coopérative, c’est le service aux membres de la coopérative et plus largement le service à la communauté, c’est-à-dire l’intérêt général. Je respecte toutes les formes économiques, car je défends une économie plurielle, si elles respectent notre droit du travail, nos règles fiscales, ce qui ne semble pas toujours avoir été le cas, comme on l’a vu avec UberPop. Comment l’économie sociale et solidaire peut-elle venir sur ce terrain ? L’économie collaborative sous sa forme capitalistique n’a-t-elle pas déjà gagné ? Ma conviction, c’est que quand les places vont être prises, les tickets d’entrée vont être extrêmement difficiles. Comme c’est le cas aujourd’hui dans l’industrie secondaire lourde, type automobile. Je crains que ne se constituent des puissances d’économie collaborative disposant de masses de données telles (big data), qu’il sera bien difficile d’aller les concurrencer. C’est maintenant qu’il faut réagir. Il faut essayer d’entreprendre, avec les principes de l’économie sociale et solidaire, dans des secteurs comme la santé, l’éducation, la culture où le principe d’intérêt général est très fort. Etre capable de faire une offre avec le métier de la plateforme et des principes coopératifs. Que les membres soient une communauté beaucoup plus engagée dans le projet de l’entreprise. Quels sont les principes de l’économie sociale et solidaire qui pourraient s’appliquer à la gestion des données, du big data ? L’économie sociale et solidaire devrait avoir une approche différente de la gestion des données, davantage open source, plus proche des biens communs pour respecter ses principes. Aujourd’hui, des entreprises ont des millions de données très détaillées, et il n’y a rien de collaboratif ou de partage sur ces données. Elles appartiennent à l’entreprise, qui peut les revendre à n’importe qui. Elles sont privatisées. L’économie sociale devrait travailler à la conception de bases de données sous forme coopératives, contrôlées par les membres. Wikipédia, par exemple, c’est de l’économie sociale. Tout le monde peut y contribuer et c’est en open source. L’économie sociale peut donc soit créer de nouvelles plateformes, soit investir dans celles déjà existantes, ou encore contribuer à « coopérativiser » la gestion des données. C’est d’autant plus important que l’économie collaborative peut accroître les inégalités. Si vous n’avez pas d’appartement ou de voiture, vous êtes exclus. Dans Airbnb, il n’y a pas de notion « solidaire ». L’économie sociale et solidaire est sensible à ce que tout le monde puisse accéder aux services. L’économie collaborative, elle, accroît les inégalités patrimoniales. Si vous avez du patrimoine, vous allez pouvoir le rentabiliser. Le locataire de HLM ne pourra pas faire du Airbnb, alors qu’il en aurait sans doute davantage besoin. L’économie sociale et solidaire peut introduire le contrôle par les usagers et une dimension plus solidaire, plus équitable. Pourquoi les entreprises sociales et solidaires ont-elles autant de mal à percer ? Malheureusement, l’économie sociale et solidaire est insuffisamment entrepreneuriale. Aujourd’hui, la motivation de beaucoup de créateurs de start-up, c’est de toucher le pactole. Ce n’est pas le cas d’un créateur de coopérative. Par exemple, j’aurais adoré que Vélib soit géré sous forme coopérative. Soit l’ESS n’attire pas suffisamment d’entrepreneurs, soit elle n’a pas la réactivité suffisante pour aller vite sur les nouveaux marchés, soit manque la connexion avec les financeurs. L’économie collaborative attire le capital-risque avec des perspectives de sortie rapide en plus-value. Sous forme coopérative, il est plus difficile de lever des sommes importantes. Les modes de financement conduisent à garder les projets de l’économie sociale plus modestes que les levées de fonds de Airbnb ! Qu’est-ce que vous mettez en place pour que cela change ? La loi du 31 juillet 2014 est importante. Elle crée un cadre et doit faciliter l’accès aux financements. Le Conseil supérieur de l’économie sociale a aussi été mis en place et va travailler sur des stratégies de développement de l’ESS. Je souhaite que l’économie collaborative figure dans ces stratégies. Il y a des financements dédiés, au sein de la Banque publique d’investissement, BPIFrance. La Caisse des dépôts gère aussi le programme d’investissement d’avenir, PIA, et réfléchit à des financements fléchés vers l’économie sociale. On doit aller vers les secteurs émergents. Le numérique, mais aussi la transition énergétique citoyenne par exemple. En Allemagne, l’énergie renouvelable est produite presque à 50% par des coopératives. En France, il existe Enercoop. Demain, il faut de l’énergie de plus en plus décentralisée. Par exemple, la coopérative Fermes de Figeac a constitué huit hectares de photovoltaïque en créant une coopérative de toits. Dans la même logique, ils créent un parc éolien financé par les citoyens en crowdfunding. Et d’ailleurs, cette production d’énergie renouvelable permet d’apporter des revenus complémentaires non négligeables aux agriculteurs. Je trouve que l’ESS ne va pas assez vite, et n’est pas toujours assez réactive. Nous devons construire des stratégies de conquête, mobiliser l’opinion, mettre en place des outils de financement.


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